Cette partie détaille la méthode pour entrer des notes pas à pas via un clavier maître externe, identique à celui utilisé pour l’enregistrement en live. La démarche commence par l’ouverture de l’éditeur de clavier, puis l’activation de l’icône d’« entrée doigté » (elle doit devenir rouge), autorisant la saisie via le clavier. Un point d’attention crucial est mis en évidence : malgré la sortie du son, aucune note ne s’enregistre tant qu’une « région doigté vide » n’a pas été créée dans l’arrangement. La solution est explicite et non optionnelle : effectuer un clic droit dans l’arrangement et choisir « créer une région doigté vide ». Une fois cette région en place, l’utilisateur revient à l’affichage du bas pour saisir effectivement les notes MIDI en pas à pas, ce qui rétablit le flux de travail attendu.
L’enregistrement via le clavier doigté se distingue par la transmission de la vélocité. Les notes saisies affichent des différences visuelles (couleurs, petits traits), révélant des variations de vélocité qui seront expliquées ultérieurement, mais dont l’effet est déjà tangible : les dynamiques ne sont pas uniformes. Bien que la saisie pas à pas garantisse un placement strict et des durées de notes homogènes, la variabilité de vélocité rend cette approche moins adéquate pour des esthétiques très rigides et robotisées (par exemple, cold wave ou certains séquenceurs des années 80) qui exigent des vélocités strictement identiques. Dans ces cas, la méthode à privilégier est le clavier d’entrée pas par pas évoqué dans le chapitre précédent, conçu pour uniformiser la dynamique des notes et produire un rendu mécanique et régulier.
Le tutoriel expose une alternative qui exploite le clavier du Mac comme outil de saisie musicale en pas à pas. Lorsque la région précédemment créée est effacée, que la tête de lecture est replacée au début (indiquée par un rectangle bleu, le « key focus »), et que le bouton d’« entrée doigté » reste activé, le clavier de l’ordinateur se comporte « comme » le clavier de saisie musicale vu auparavant, sans nécessiter l’ouverture ou l’activation explicite d’une fenêtre dédiée : on peut saisir des notes simplement en tapant sur les touches du Mac. Ce comportement peut surprendre, mais il est intentionnel et « par défaut ». Point déterminant pour le choix : le clavier de l’ordinateur ne transmet aucune vélocité, à la différence du clavier doigté. Cela en fait un outil commode pour produire des séquences aux dynamiques uniformes, tout en questionnant la pertinence de l’utiliser selon les besoins : précision dynamique (clavier doigté) vs régularité robotique (clavier d’ordinateur ou clavier d’entrée pas par pas).
En synthèse, deux approches sont contrastées. Le clavier doigté transmet la vélocité, offrant une expressivité dynamique au détriment de l’uniformité. Le clavier du Mac, lui, n’enregistre aucune vélocité, ce qui avantage les séquences strictement régulières et mécaniques. Le tutoriel incite à choisir la méthode selon le résultat visé : expressivité vs rigidité. Enfin, il annonce une suite pratique : le prochain chapitre montrera comment combiner le clavier d’entrée pas par pas, le clavier de saisie musicale et le clavier doigté, afin de répondre avec efficacité à des besoins variés et d’optimiser le flux de travail.